Collection Poche

Marie-Hélène Dumas Sylvia Pankhurst, une féministe au cœur de la révolution

Sylvia Pankhurst (1882-1960) est un personnage hors du commun, une résistante, au sens où elle ne se soumet pas. Elle n’obéit ni aux conventions de son époque (elle incarne avant la lettre l’idée que « le privé est politique »), ni au pouvoir en place dans son pays. Affronte de nombreux séjours en prison accompagnés de grèves de la faim, de la soif, du sommeil et de terribles séances d’alimentation forcée, trompe la police pour voyager clandestinement à travers toute l’Europe. Enfin, dès qu’elles veulent lui imposer leur loi elle affronte les instances dirigeantes d’un parti politique qu’elle a contribué à créer.
Après avoir rompu avec la vision du féminisme trop étroite pour elle qui était celle des suffragettes, elle est devenue l’activiste politique radicale que Lénine a critiquée dans La Maladie infantile du communisme. Menant de front une lutte quotidienne aux côtés des femmes des quartiers déshérités de Londres et la direction d’un journal qui défendait les droits des opprimées et des plus démunies, s’opposait à la guerre et s’intéressait à la révolution russe, pendant que leurs maris et leurs frères étaient au front elle a organisé les ouvrières, transformé des pubs en centres d’accueil pour les enfants, créé des restaurants à deux pennies et des cliniques pédiatriques, et été une des premières à parler d’égalité de salaire entre hommes et femmes. Militante de la IIIe Internationale communiste, elle a contribué à la fondation du Parti communiste britannique avant d’en être expulsée parce qu’elle refusait que son journal soit désormais sous contrôle et suive la « ligne », puis elle s’est consacrée à la lutte contre la montée du fascisme et l’invasion de l’Éthiopie par Mussolini.
Rien n’a jamais été publié en France sur Sylvia Pankhurst, et même en Angleterre elle est beaucoup moins connue que sa mère et sa sœur, Emmeline et Christabel Pankhurst, qui fondèrent et dirigèrent le mouvement des suffragettes. Sa pensée résonne pourtant aujourd’hui avec une bien plus grande force, une bien plus grande actualité que celle de militantes dont le seul horizon était celui du vote.
Parce que dans ses actions et dans des milliers de pages écrites, Sylvia Pankhurst a toujours cherché à relier l’émancipation des femmes à celle des classes laborieuses et des peuples colonisés soumis à l’impérialisme, elle occupe dans l’histoire du XXe siècle une position rarissime qui a face à la pensée féministe radicale et postcoloniale d’aujourd’hui une vive résonance.
Enfin, elle fait partie de la nébuleuse anarchiste et révolutionnaire européenne des années 1910-1920 et à travers les liens qu’elle a pu avoir avec ses représentants, sont évoquées ici aussi bien Emma Goldman, Rosa Luxemburg, Clara Zetkin, Alexandra Kollontaï ou Angelica Balabanova que Claude McKay ou Lénine.

L’auteure

Après une maîtrise d’économétrie, qui lui a appris que l’économie était une affaire d’idéologie, de croyance ou de positionnement politique qui se servait des chiffres afin de justifier telle ou telle position, Marie-Hélène Dumas a enseigné deux ans dans le secondaire, et puis tout quitté. Cinq ans en mer et sur les routes à subsister de petits boulots. C’étaient les années 1970, le voyage et la musique étaient des modes de vie. À son retour elle a commencé à traduire des livres. C’est devenu son métier. Elle a ensuite réfléchi à la question des femmes et de la création, fait des recherches. Et s’est remise à écrire.

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Prochainement

Parution : 2 janvier 2020
ISBN physique : 9782377291120
ISBN numérique : 9782377291137

Édition poche