Le blog des éditions Libertalia

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La Ferme des animaux dans Le Canard enchaîné

jeudi 7 janvier 2021 :: Permalien

— REVUE de PRESSE —

Publié dans Le Canard enchaîné du 6 janvier 2021.

Orwell chaussait du 47

Son œuvre vient de tomber – enfin ! – dans le domaine public. C’est l’occasion de redécouvrir sa puissance visionnaire. Son intégrité. Son humanité. Orwell ne déçoit jamais.

Faire un peu de place sur l’étagère. Pousser les quatre forts volumes des Essais, articles, lettres (Ivrea) si amicaux, si souvent parcourus. En profiter pour en ouvrir un au hasard. Tomber sur ce qu’Orwell reproche, lui, le polémiste-né, à la polémique politique telle qu’elle se pratique dans l’Angleterre de 1944 : « On trouve insupportable de reconnaître qu’un adversaire puisse être honnête et intelligent. Clamer qu’il est un imbécile ou une crapule, ou les deux à la fois, est plus simple et plus satisfaisant pour l’esprit que de chercher à comprendre ce qu’il est réellement. » Il n’est qu’à penser à une petite phrase d’aujourd’hui sur les amish, ou à d’autres sur « Greta Thunberg, la pasionaria des bacs à sable », ou sur (complétez vous-même), pour se retrouver en terrain connu…
Posée juste à côté de ces volumes (et des deux indispensables petits ouvrages de Simon Leys et de François Bordes, les meilleures introductions qui soient à son œuvre), la nouvelle traduction de La Ferme des animaux (Libertalia), son inoubliable fable libertaire.
Et aussi celle de 1984 (Agone). Rien à voir avec les récentes et laborieuses tentatives pour « moderniser » Orwell en mettant le texte au présent (alors que l’auteur utilise le passé), en remplaçant « novlangue » par « néoparler » et « police de la pensée » par « mentopolice ». Cette traduction-ci est respectueuse, politique, souvent pertinente. Ainsi, « Big Brother is watching you » devient « Big Brother te regarde », au lieu de « vous regarde ». Tutoyer pour mieux assurer l’emprise : rien de plus actuel…
Dans leur postface, la traductrice Celia Izoard et l’éditeur Thierry Discepolo rappellent les violentes attaques et les tentatives d’embrigadement dont le dérangeant Orwell a toujours été l’objet. Et pointent le fait que, si « notre monde n’a jamais été plus “orwellien” », ce n’est pas qu’il serait devenu stalinien mais parce que les organisateurs de la « vie connectée » sont en train de mettre en place au cœur des démocraties « une infrastructure totalitaire ». Flots de « vérités alternatives », essor inouï des capacités de surveillance, travail de sape contre la vie privée, vies encloses dans les « parois de verre des bocaux numériques »…
Reparution bienvenue, aussi, d’Orwell anarchiste tory (Flammarion), de Jean-Claude Michéa. Dans une longue, stimulante et combative postface inédite, « Orwell, la gauche et la double pensée », Michéa s’en prend avec une colère généreuse à « toutes les petites orthodoxies malodorantes qui se disputent aujourd’hui le contrôle de nos esprits » (comme disait Orwell). Ça fait du bien !
Enfin, poser sur l’étagère Orwell à sa guise, la vie et l’œuvre d’un esprit libre (Lux), écrit en 1966 par un de ses amis anars, George Woodcok, et jamais traduit jusqu’ici. On y découvre un Orwell à hauteur d’homme, qui chausse du 47, porte des vêtements râpés, rêve d’« une société libre, égalitaire et décente ». Woodcock s’en étonne déjà : « Quand je relis ses livres et survole à nouveau ses articles, je trouve encore ses propos rafraîchissants, même vingt ou trente ans plus tard. » Orwell n’a pas fini de nous rafraîchir.

Jean-Luc Porquet

Briseurs de grève dans Le Monde diplomatique

jeudi 7 janvier 2021 :: Permalien

— REVUE de PRESSE —

Publié dans Le Monde diplomatique, janvier 2021.

Célébration des héros effacés

Paul Robeson fut une gloire mondiale, et le syndicalisme révolutionnaire américain connut des succès et des tragédies dignes d’être contés avec une ferveur épique. Sauf à s’intéresser de près aux combats des Afro-Américains et au mouvement ouvrier, sauf à fréquenter les travaux de Howard Zinn ou de Noam Chomsky, on n’en a plus guère qu’une idée floue, et c’est probablement une litote. Comme le dit la formule célèbre, l’histoire est écrite par les vainqueurs ; plus précisément, elle est réécrite, et des pans entiers de la lutte pour la transformation du monde sont effacés, ainsi que leurs tenaces et magnifiques acteurs, qu’on ne saurait certainement réduire au statut de vaincus.
L’écrivain italien Valerio Evangelisti, que son cycle consacré à la figure de l’inquisiteur Nicolas Eymerich a rendu célèbre, clôt avec Briseurs de grève, une trilogie centrée sur l’histoire du syndicalisme américain [1]. Ce dernier roman, très documenté, rend avant tout compte de la genèse, des débats, des victoires et des défaites des Industrial Workers of the World (IWW) sur une quinzaine d’années à partir de leurs débuts, en 1905. L’ouvrage est touffu, parfois ingrat, d’autant que son « héros » est un triste salaud, qui choisit d’être le nervi d’une agence de sécurité, évoquant la Pinkerton, rendue fameuse par son efficacité au service de la répression patronale. Sans le moindre état d’âme, il mène ses missions d’infiltration en se faisant passer pour un ouvrier « rouge », ce qui lui permet de dénoncer les sympathisants et d’informer ses maîtres des projets des wobblies, comme on appelle les membres des IWW.
Mais, si sa fréquentation est souvent éprouvante, il n’en demeure pas moins qu’on accompagne ainsi les grands moments d’une organisation de la classe ouvrière (cheminots, mineurs, saisonniers agricoles, etc.), qui intègre aussi bien les femmes que les Noirs ou les étrangers, dans le but affirmé sans circonlocutions d’abolir le capitalisme. Leur propagande était remarquablement efficace, des tracts rédigés dans la langue des immigrés aux chansons insolentes, comme celles de Joe Hill. Ils surent être toujours sur le terrain (notamment grâce aux hoboes, les itinérants), moduler toutes les formes de grève, imposer des améliorations considérables et affronter une répression à la mesure de la peur des possédants. Leaders et manifestants furent tués en nombre par les forces de l’ordre et les hommes de main de ces agences d’informateurs, dont l’une s’institutionnalisera pour devenir en 1908 le Federal Bureau of Investigation (FBI). Dans l’entre-deux-guerres, des lois contre le « syndicalisme criminel » permettront l’arrestation de milliers de wobblies, puis s’exercera la fabrique de l’oubli. Mais les IWW, internationalistes et révolutionnaires, existent toujours, ténus peut-être mais têtus, avec dans leurs rangs Chomsky et Tom Morello, le guitariste du groupe Rage Against the Machine.
Le descendant d’esclave Paul Robeson (1898-1976) resplendit quant à lui jusqu’au début des années 1950. Il aurait pu se contenter de faire carrière grâce à une remarquable voix de baryton basse, qu’Ol’ Man River a rendue célèbre. Il décide au contraire de ne pas dissocier ses choix artistiques et ses choix politiques, de se mettre intégralement, concrètement, grandiosement, au service du combat pour la justice raciale et sociale. Sa biographie est un peu appliquée par moments [2], mais elle rend compte d’une vie effervescente et intrépide, qui le conduit à chanter pour les ouvriers comme pour la jet-set, à affirmer sa sympathie pour l’Union soviétique et son rejet de la guerre de Corée, à soutenir les indépendantistes africains et à jouer un rôle majeur dans les débats intellectuels militants de l’époque. Il sera discrédité dans son pays comme communiste, et sa carrière sera brisée. Alors que son anniversaire était une fête nationale dans quantité de pays, que ses concerts et ses déclarations étaient des événements au retentissement international, il sera gommé ou presque de la mémoire dominante. Tout comme Joe Hill, qu’il avait chanté, et les wobblies.

Evelyne Pieiller

[1Valerio Evangelisti, Anthracite et Nous ne sommes rien soyons tout !, Rivages, coll. « Noir », Paris, respectivement 2008 et 2010.

[2Gerald Horne, Paul Robeson, traduit de l’anglais (États-Unis) par Joëlle Marelli, Otium, Ivry-sur-Seine, 2020, 332 pages, 25 euros.

Il y a un siècle, le congrès de Tours

mardi 29 décembre 2020 :: Permalien

Il y a un siècle, le 29 décembre 1920, le congrès de Tours du Parti socialiste votait l’adhésion à l’Internationale communiste (IIIe Internationale). Résultat de la division des socialistes face à la Première Guerre mondiale, puis face aux mouvements révolutionnaires dans plusieurs pays, ce vote entraînait la scission du parti entre la majorité, qui devenait la Section française de l’Internationale communiste (SFIC, plus tard Parti communiste), et la minorité qui gardait le nom de Parti socialiste – Section française de l’Internationale ouvrière.
La dynamique qui amena des socialistes internationalistes, des syndicalistes révolutionnaires, des féministes et des libertaires à participer à la création de ce nouveau parti est détaillée dans le livre Un court moment révolutionnaire. La création du Parti communiste en France (1915-1924). Le livre examine également les premières années du nouveau parti, jusqu’à sa transformation autoritaire sur ordre de Moscou qui aboutit aux exclusions et démissions de ses principaux fondateurs.

Extrait, pages 229-233.

Le 29 décembre, en début de soirée, le moment du vote arrive enfin. Blum fait alors une courte intervention, annonçant le retrait de sa motion et le refus de sa tendance de prendre désormais part aux votes et aux discussions, sans qu’il n’explique vraiment cette position de rupture.
Les résultats donnent 3 208 mandats à la motion Loriot-Souvarine (68 %), auxquels s’ajoutent les 44 mandats de l’amendement Leroy (1 %) ; il y a 1 022 voix pour la motion Longuet (22 %), 60 pour Pressemane (1 %), et 397 abstentions (8 %). Concernant ces dernières, il est de tradition de les attribuer toutes au courant Blum, mais il n’est en fait pas certain que l’intégralité des abstentions soit des mandats pour la motion Blum-Paoli ; son poids réel est sans doute légèrement inférieur. Contrairement à une légende tenace, c’est bien la motion Loriot-Souvarine qui est adoptée, et non les 21 conditions.

Le résultat, on le voit, est net. Pourtant, le débat n’est pas fini : deux motions s’affrontent en réaction au télégramme Zinoviev. La motion présentée par Paul Mistral, au nom des longuettistes, prévoit le maintien de « l’unité actuelle du parti ». La motion Renoult, pour la majorité, rappelle que le texte qui vient d’être voté « n’impose aucune exclusion pour le passé ». Plusieurs interventions suivent, et le débat sur le fond – qui vient pourtant d’être tranché par une très large adhésion – semble être repris. Pressemane annonce qu’il a le « regret de quitter le parti ». Le secrétaire fédéral de Corrèze, Jean Roumajon, bien que partisan de l’adhésion à l’IC, vient proposer une solution d’entente :

« Je crois que l’équivoque réside dans ces mots “unité actuelle”. Si nos camarades veulent les changer par une formule quelconque, qui indiquerait que nous allons vers l’unité plus disciplinée et plus révolutionnaire, alors je crois que nous pourrons nous entendre. »

Mais Longuet prend la parole et refuse. De fait, les longuettistes « posaient des conditions qu’ils savaient inacceptables pour la majorité ». Verfeuil intervient alors de nouveau et dénonce une « manœuvre » de la droite du parti, autrement dit :

« Ceux qui ont déclaré, il y a plus de six mois, qu’ils quitteraient le parti le jour où celui-ci donnerait son adhésion à la IIIe Internationale et qui, depuis ce jour, ont pris toutes les dispositions matérielles pour constituer un nouveau parti. »

Contredisant sa déclaration antérieure, Blum vient annoncer que son courant va voter la motion Mistral ; Verfeuil s’exclame alors que « la manœuvre […] vient de se démasquer ». Ce ralliement ne va pas beaucoup peser sur le résultat du vote, qui est cette fois de 3 247 mandats pour Renoult (68 %), 1 398 pour Mistral (29 %) et 143 abstentions (3 %). Paul Faure, dans une courte intervention assez floue, lit une déclaration des reconstructeurs annonçant leur « décision de quitter le parti », et appelle les délégués longuettistes à se retrouver dans une salle séparée le lendemain matin. Paoli lit ensuite une déclaration de la droite du parti annonçant qu’elle quitte le « congrès communiste » et appelle à se réunir le lendemain dans une autre salle – ni celle du congrès ni celle des longuettistes ; les délégués de ce courant se lèvent alors et s’en vont. Les longuettistes hésitent à les suivre, mais restent finalement dans la salle2. Frossard reprend la parole, appelant à mener collectivement le « travail de préparation révolutionnaire ». La séance est alors levée : il est plus de deux heures du matin, la scission est faite.

Le lendemain, le 30 décembre, les délégués sont donc divisés entre trois réunions. Le congrès officiel commence sa dernière journée par un appel des fédérations qui vise à montrer que le parti « continue ici et non ailleurs ». Juste avant de se séparer, le congrès du Parti socialiste, devenu Section française de l’Internationale communiste (SFIC), adopte une déclaration où le parti déclare restaurer « les doctrines jadis consacrées et trop souvent désertées dans la pratique », tout en se voulant « digne de Babeuf, digne des hommes de juin 1848, digne de la Commune, digne de Jaurès, digne de l’avenir glorieux qui s’offre à nous ».

Autrement dit, c’est à la fois la rupture dans la continuité et la continuité pour la rupture. Loriot écrira qu’à Tours « s’est opérée la scission du parti par le départ de l’ancienne majorité4 ». Effectivement, ce sont les opposants à l’adhésion à l’IC qui ont quitté le congrès, donc qui ont formellement scissionné. Le lendemain de leur départ du congrès, ils se retrouvent dans deux réunions dissidentes séparées : celle des longuettistes d’un côté, celle des « résistants » de l’autre. Longuet hésite encore et parle de retourner au congrès, ce que font effectivement Charles Lussy et Raoul Verfeuil. Puis, après ces ultimes hésitations, les deux courants scissionnistes se rejoignent et créent une nouvelle SFIO. Cela n’est pas sans susciter des oppositions, une partie des longuettistes choisissant de rester à la SFIC. Fernand Gouttenoire de Toury annonce qu’il « reste au parti » et reproche à ses ex-camarades de tendance de s’être « ralliés au parti en formation avec le Comité de résistance ». Bernard Manier déplore « ce double désastre : notre sortie – et la constitution d’un parti qui ira à droite non par la volonté de quelques-uns, mais par force des choses » ; il regrette que la majorité des longuettistes soient allés « vers les chefs sans troupes qui les attendaient ». Il faut pourtant bien constater qu’il était difficile de se revendiquer de l’unité tout en créant un troisième parti après Tours. Les longuettistes étaient forcés de choisir entre faire organisation commune avec la gauche ou avec la droite du parti. Concernant Longuet lui-même, qui semble avoir été longtemps indécis, sachant au fond qu’il ne pouvait pas adhérer à l’IC mais très réticent en pratique à franchir le pas de la rupture avec la majorité du parti, c’est Zinoviev qui a peut-être choisi à sa place.
Le processus avait en tout cas été annoncé un an plus tôt par Monatte, qui écrivait alors que le parti socialiste irait à l’IC, et qu’à ce moment « il est fatal que se détacheront de lui toute sa droite et une partie de son centre ».

Un court moment révolutionnaire sur Historical Materialism

mardi 29 décembre 2020 :: Permalien

— REVUE de PRESSE —

Publié sur Historical Materialism (en anglais), juillet 2020.

Rethinking the Birth of French Communism

2019 saw the centenary of the founding of the Communist International. Its ambition – to create mass revolutionary parties capable of carrying through a global transformation of society – remains unfulfilled but continues to haunt a revolutionary left still grappling with the problem of the form of organisation it needs.
As late as 1989 the founding editor of Revolutionary History insisted :
The verdict of history is universal, and conclusive. Except in countries where there was no working class party of any sort already in existence, there has never been a revolutionary party created by recruitment in ones and two to a sect. All the mass parties of the Third International – not excepting the Russian – issued from splits inside previously existing working class parties.
Al Richardson was a scrupulously honest historian, and he would undoubtedly have found it necessary to rethink his conclusions in the light of historical research. For many years, the history of the Comintern and its various sections was overshadowed by the fact that its historians had their own problems. Those who claimed that the French Communist Party was the legitimate heir of the party created at Christmas 1920 had to wrestle with the fact that so many of those who had played a major part in its founding had disappeared – expelled or resigned – by the mid-1920s. Critical accounts were generally so blighted by Cold War prejudices that they failed to comprehend what the party’s founders were trying to do. And even critics from the standpoint of the Left Opposition were often preoccupied with defending the orthodoxy of their own tradition and failed to register the different directions which the party’s dissidents took.
So Julien Chuzeville’s new study of the origins and first years of the French Communist Party is to be welcomed. At first sight the SFIC (French Section of the Communist International) looks like a textbook example of a mass revolutionary party formed from a split inside a ‘previously existing working class party’. During the Christmas of 1920 at Tours, the congress of the French Socialist Party (SFIO, French Section of the Workers’ International), the party of Jaurès, Guesde and the Lafargues, decided by majority vote to affiliate to the Comintern ; the minority seceded. Yet, as Chuzeville’s account shows, things were not quite so simple.
The book is scrupulously documented, using French Communist Party and Comintern archives and police records, as well as the private correspondence of some of the main protagonists. Chuzeville, who belongs to the generation who came to maturity after the fall of the Berlin Wall, does not seem to have any ideological baggage. He is generally sympathetic to the aspirations of the revolutionaries who built the party, though he is sceptical towards Leninism in its various guises. His claim that the Comintern never functioned democratically and was always dominated by the Russian party undoubtedly has some truth to it, but a careful study of the minutes and other documents of the first four Congresses might have led to a more qualified judgement. 
Chuzeville’s careful and detailed account allows us to trace the conditions in which the emergence of a mass revolutionary party was possible. Firstly, the split in the SFIO did not fall from the skies, nor was it the work of ‘entrists’ ; it was the product of a unique historical conjuncture resulting from the horrific events of the First World War. Chuzeville traces the divisions in the party back to 1914 and shows that for some time a split had been considered ‘inevitable’. The vote at Tours was no more than a final ceremonial recognition ; delegates had been mandated well in advance.
The delegates had ‘seized the time’, but only just. The upturn in struggle which had made the party possible was already coming to an end, as Chuzeville demonstrates with strike statistics which show a sharp decline in struggle after 1920. Unfortunately, the party failed to recognise the facts and continued to act as though a potentially revolutionary situation still existed. Chuzeville believes there were elements of Blanquism in the party’s Leninism – though they were partly legitimised by the state repression of the period.
But, secondly, the split and its successful outcome were the products of hard work by a number of key activists, and in particular the Committee of the Third International, which was the International’s French section before the founding of the SFIC. Chuzeville draws attention to individuals who played a central role – Alfred Rosmer, Pierre Monatte, Boris Souvarine and Fernand Loriot (of whom Chuzeville has written a biography). All these figures – and a number of others with whom they were associated – had disappeared from the Communist Party by the mid-twenties, and so tend to be neglected by those, Stalinists or Cold War ideologists, who want to see a continuity between the Party’s origins and its later Stalinist reality. (Monatte did not join the Communist Party till 1923 when ‘the politicians were leaving’.) Chuzeville is not the first historian to point to the importance of the role of the revolutionary syndicalists in the formation of the French Communist Party – the American Robert Wohl, Philippe Robrieux and François Ferrette had all done so previously. But it is clear from his account of the role of Monatte, Rosmer (absent in Moscow for the earlier part of the story) and others that the revolutionary syndicalists played an essential role in the founding of the French Communist Party, so that an account of its birth as simply a split in the mass socialist party is seriously misleading. Some syndicalists had been members of the SFIO for tactical reasons, but others had never joined the party, and became SFIC members only after the split. 
And thirdly, the creation of a mass revolutionary party was possible only because the Communist International already existed. As Chuzeville shows, the party was initially known as the SFIC (French Section of the Communist International) : the more familiar acronym – PCF – only came into use later.
Chuzeville believes that many of the French activists had illusions or did not clearly understand what was happening in Russia. Perhaps, though it may also be the case that he underestimates the force of the enormous wave of hope aroused by the Russian Revolution in a war-weary population. He notes that some of the French activists, for example Loriot and Rosmer, had known Lenin ; in particular he quotes Rosmer’s memoirs of the period – Lenin’s Moscow – but does not follow up the very clear distinction that Rosmer makes between the methods of Lenin and of Zinoviev.
The ‘short revolutionary moment’ of Chuzeville’s title lasted only four years, but it was a rich period, and as well as the interminable internal disputes which he traces in some detail, we get a picture of the party’s activity. The revolutionary wave was already ebbing, and the united front was essential to maintaining and building a party that could take advantage of any future upturn. But there was considerable confusion and dishonesty among sections of the leadership, and Chuzeville considers that only in 1923 was the united-front tactic properly used.
Nonetheless there was much positive in the period. A number of remarkable women leaders like Marthe Bigot emerged in the early period, and there was imaginative activity around women’s suffrage. Women did not have the vote – but it was possible for women to get their names on the ballot paper and to have their voters counted. The anti-militarist traditions of the period before 1914 were revived when French troops invaded the Ruhr in 1923 and there was a courageous intervention which even drew in some of the more right-wing elements in the party. Rosmer could have become secretary of the party – but he declined the job because he thought his work developing the influence of L’Humanité, the party’s daily paper, was more important. 
All too soon ‘Bolshevisation’ triumphed, with the leadership of Treint combining the bureaucratic suppression of opposition with adventurist stupidity. Treint was calling the Socialist Party ‘social fascists’ as early as 1924. At one public meeting, armed stewards shot two anarchists dead ; it was good fortune that the state authorities did not use the opportunity to seriously damage the party. Russian finance, which had played a relatively small role in the party’s first years, now had a growing influence as membership declined. Money was spent on buying premises where full-time organisers could be installed rather than on propaganda and agitation. A shift to organisation around workplace-based cells was in itself a positive move, but was carried through too hastily and with the aim of suppressing opposition.
Chuzeville ends his story in 1924. Yet if Rosmer and Monatte were gone, others stayed a bit longer. Amédée Dunois left in 1927, Maurice Dommanget, historian and trade-union activist, stayed till 1929. Activity against the Rif War had both positive and negative features. If Zinoviev and his clique had laid the foundations, it would be 1930 before the party became fully Stalinist.
Many of the best activists from the early years regrouped around Monatte’s new journal, La Révolution prolétarienne, which Chuzeville quotes frequently. This provided valuable and perceptive commentary but was not a focus for action. 
There is more, much more, to be said about the early years of the French Communist Party. Even if the manner of its creation belongs to a unique historical period which will not be repeated, there is a lot to be learnt from its activities and activists. For revolutionaries, organisation is a means to an end. But as Chuzeville concludes, for the PCF all too soon means became ends in themselves.

Ian Birchall

William Blanc sur le Moyen Âge et la pop culture

mercredi 23 décembre 2020 :: Permalien

Émission Nota Bene (Benjamin Brillaud) du 21 décembre 2020.

« Le Moyen Âge c’est sale, c’est brutal, ça pardonne pas. C’est en tout cas l’image que l’on en a, notamment via la pop culture. Mais qu’en est-il vraiment ? Comment ce Moyen Âge nous est présenté dans les livres, les jeux ou au cinéma ? Comme cette période inspire-t-elle tout un pan de la pop culture ? Je vous propose aujourd’hui de découvrir les liens qui unissent la Pop Culture et le Moyen Âge avec William Blanc, spécialiste du médiévalisme (la représentation du Moyen Âge). »

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