Le blog des éditions Libertalia

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Panaït Istrati dans Le Canard enchaîné

mercredi 21 novembre 2018 :: Permalien

— REVUE de PRESSE —

À propos de la publication du second volume de la bande dessinée Istrati ! de Golo, dans Le Canard enchaîné du mercredi 21 novembre 2018. Notre édition de Codine est citée en fin d’article.

Le retour du vagabond magnifique

Le dessinateur Golo publie le second volume d’“Istrati !” (Actes Sud). Il y raconte la vie follement libre et libertaire de ce vagabond devenu écrivain.

Comme le bottier Georges Ionesco, qui le vit débarquer un jour de 1913, hirsute et mal rasé, dans sa boutique parisienne, quiconque lit Panaït Istrati (1884-1935) ne peut qu’être frappé d’un coup de foudre : tout à coup, voilà un ami, un frère ! Quelqu’un qu’on aurait aimé rencontrer, écouter conter ses mille et une aventures, avec qui on aurait volontiers embarqué pour Le Caire, Naples ou Beyrouth.
On s’enchante qu’il ait tant écrit, une vingtaine de livres à découvrir, lire et relire. On s’épate qu’après un long oubli les éditeurs s’en entichent de nouveau. On applaudit cette biographie réalisée par Golo (qui avait déjà admirablement réussi celle de B. Traven, autre grande figure d’aventurier libertaire hors norme). Cette entreprise titanesque, plus de 400 planches, Golo la réussit haut la main, s’inspirant au plus près des récits autobiographiques d’Istrati, nous restituant sa voix, sa fougue, son tumulte, l’accompagnant de son dessin terriblement vivant et généreux.
Il y a, dans les livres d’Istrati, tout ce qu’on n’apprend pas dans les livres, et qui fait rêver : le goût de l’amitié vraie, des bonheurs qui font pleurer, la passion pour les vérités simples et les grandes altitudes de l’esprit, l’inépuisable curiosité pour le vaste monde et le cœur des hommes. Il naît dans le petit port de Braïla, sur le Danube, d’une mère blanchisseuse et d’un père contrebandier (qui meurt alors qu’il a 9 mois). Conditions de vie précaires, avec déménagements à la cloche de bois…
Très jeune, Istrati dévore les livres. Puis la vie, les amitiés, les amours. A la belle couturière à qui sa mère veut le fiancer et qui lui dit son idéal de gagner beaucoup, il lance : « Non ! Je ne veux pas de “beaux enfants”, ni un “intérieur”, ni faire fortune ! Mon plus bel intérieur, c’est le grand air ! Ma plus grande fortune : mon corps, mes passions, ma pensée. » Il part à l’aventure, ne recule pas devant les nuits à la belle étoile, les punaises et les poux, les boulots de galère, goûte la compagnie des bonnes amies, de l’eau-de-vie et des narguilés, tient bon face à la tuberculose qui le ronge.
Comment, au sanatorium, il découvre, émerveillé, les livres de Romain Rolland et se met, à près de 40 ans, à apprendre en autodidacte cette langue fascinante, le français, pour en user ensuite merveilleusement, voilà ce que raconte ce second tome. Admiré, fêté, devenu l’un des rares prolétaires hissés au rang d’« écrivain révolutionnaire », Istrati applaudit la révolution bolchevique, est invité à visiter la toute jeune URSS lors de son 10e anniversaire, en 1927, la sillonne, en revient avec un livre terrible, « Vers l’autre flamme », où il en dénonce l’imposture et révèle ses quatre vérités, bien avant Gide.
Rattrapé par la tuberculose, il meurt, calomnié par ses anciens amis (Barbusse en tête) et traité de fasciste par « L’Humanité », mais heureux : il vient de lire un livre qui l’enthousiasme et dont il écrit la préface pour l’édition française. « J’ai trouvé un frère », dit-il. C’est « La vache enragée », de George Orwell.

• Tome I, « Le vagabond », 264 p., 26 €. Tome II, « L’écrivain », 220 p., 25 € (Actes Sud). Vient de paraître « Codine » (Libertalia), 146 p., 8 €, bref chef-d’œuvre où Istrati raconte son amitié, dès ses 12 ans, avec un féroce voyou au grand cœur nommé Codine.

Jean-Luc Porquet

La politique des super-héros dans La Fabrique de l’Histoire

samedi 17 novembre 2018 :: Permalien

— REVUE de PRESSE —

L’émission La Fabrique de l’Histoire du 16 novembre 2018, sur France Culture, recevait William Blanc pour Super-héros, une histoire politique :
www.franceculture.fr/emissions/la-fabrique-de-lhistoire/quand-lactualite-traverse-la-fabrique-1144-les-super-heros-sont-ils-politiques

Super-Héros, dans Livres Hebdo

vendredi 9 novembre 2018 :: Permalien

— REVUE de PRESSE —

Parus dans Livres Hebdo n° 1190, vendredi 19 octobre 2018.

Les Sauveurs

William Blanc met en lumière les liens entre la création des super-héros et une volonté politique liée à des événements de l’histoire des Etats-Unis.

L’essai stimulant s’ouvre sur un constat : « Les super-héros n’existent pas. Mais la société en a rêvé. » De quels songes ou de quels cauchemars sont-ils issus ? Qu’y a-t-il derrière ces masques, ces collants et ces étoffes chatoyantes ? William Blanc a choisi quelques figures dans cette curieuse galerie d’encagoulés. Lui-même est un fan des vieux numéros de Strange. Ce médiéviste est aussi un observateur engagé. Coauteur de l’ouvrage Les Historiens de garde (Inculte, 2013, rééd. Libertalia, 2016), il jouait les redresseurs de torts contre Lorant Deutsch, Patrick Buisson et les hérauts du roman national.
Son étude des super-héros, très illustrée, est donc politique. Elle met en lumière les liens entre leur création et l’histoire des Etats-Unis, à travers l’exemple de Captain America, créé pour combattre Hitler dans des comics, ou celui de Wonder Woman pour promouvoir l’émancipation des femmes.
Les auteurs sont souvent des juifs émigrés à New York qui ont échappé aux pogroms et aux dictatures. Le super-héros est d’abord un personnage qui rompt ses liens. Il sort de sa condition avec des pouvoirs qui lui sont conférés non par Dieu ou par l’institution, mais par le hasard. Il se met ensuite au service de la justice avec l’espoir d’un monde meilleur.

Laurent Lemire

Super-Héros, dans le Canard enchaîné

vendredi 9 novembre 2018 :: Permalien

— REVUE de PRESSE —

Paru dans Le Canard enchaîné du mercredi 31 octobre 2018.

Ecce Superhomo

À l’origine était Superman. Un gonze qui, dès sa première apparition dans « Action Comics », en juin 1938, se révélait plutôt gaillard : on le découvrait notamment capable de soulever une voiture d’une main leste. Balèze. Depuis, les super-héros et les comics les mettant en scène ont proliféré à grande échelle, s’imposant comme de puissants pourvoyeurs d’imaginaire, sautant les frontières, s’invitant à Hollywood ou sur Netflix. Une superdiffusion qui s’est révélée mouvementée, ainsi que le raconte l’historien William Blanc.
D’abord ultra-patriotes pour raison de guerre – Superman et Captain America ont infligé de solides raclées à un certain Adolf Hitler –, les super-héros se sont vite émancipés. À tel point qu’en 1954 fut édicté un Comics Code moralisant l’univers du genre en se fondant sur le livre d’un psychologue conservateur, lequel déplorait notamment la tension homo régnant entre Batman et Robin. Pas suffisant pour bâillonner les artistes du crayon. Car, la force des comics, explique l’auteur, fada de super-héros depuis l’enfance, c’est d’avoir su inscrire « dans un contexte historique, social et économique, en un mot : politique ». D’où les créations qui, dans les années 60 et 70, ont su proposer autre chose que des super-héros lisses, patriotes et un peu crétins.
Wonder Woman et l’émergence du féminisme, Black Panther et le mouvement des droits civiques, Green Arrow et le super-héroïsme social à la Robin des bois : pour chaque chapitre, William Blanc creuse la psyché d’un personnage, furetant dans les plis de la bannière étoilée. Un rafraîchissant voyage en terre mythologique, à l’issue pourtant navrante : « L’idéal né avec Superman a bien quitté l’Amérique, un pays en proie aux cauchemars du capitalisme sauvage, aux replis identitaires et aux fantasmes virilistes. » Logique, en un sens : avec Supercrétin aux commandes, l’utopie n’est plus de mise.

Émilien Bernard

Béatrice Walylo et Philippe Poutou invités du Mediapartlive

jeudi 8 novembre 2018 :: Permalien

— REVUE de PRESSE —

Mercredi 7 novembre 2018, Béatrice Walylo et Philippe Poutou, coordinateurs du livre Ford Blanquefort, même pas mort !, étaient les invités d’Edwy Plenel sur la question de la lutte des ouvriers de Ford Blanquefort.
https://www.mediapart.fr/journal/france/071118/ford-blanquefort-une-lutte-contre-la-resignation

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